Exosquelettes au travail : protège-t-on vraiment les salariés ou déplace-t-on simplement les contraintes ?

Exosquelettes professionnels, prévention des TMS, assistance mécanique, ergonomie : ces technologies représentent-elles une véritable avancée pour la santé au travail ou risquent-elles parfois de masquer des contraintes professionnelles qui devraient être traitées autrement ?

Dans l’industrie, la logistique, le BTP ou les métiers du soin, les exosquelettes suscitent un intérêt grandissant.

Leur promesse est séduisante : réduire certains efforts musculaires, diminuer la fatigue et accompagner les salariés dans des tâches physiquement exigeantes.

Mais une question mérite d’être posée avant tout investissement : l’exosquelette doit-il permettre de mieux travailler ou de travailler plus longtemps dans des conditions contraignantes ?

Car derrière l’innovation technologique se cache une réalité fondamentale : le corps humain n’est pas une machine dont on pourrait simplement améliorer les performances en ajoutant un équipement.

Chez Cinésis Solutions Prévention Santé, nous défendons une approche fondée sur la compréhension du fonctionnement du corps, l’analyse ergonomique des situations professionnelles, la gestion énergétique et la formation des salariés.

L’exosquelette peut avoir sa place dans cette démarche. Encore faut-il comprendre ce qu’il apporte réellement, ses limites et les conditions de son utilisation.

1. Quels sont les différents types d’exosquelettes professionnels ?

Le terme « exosquelette » regroupe des dispositifs très différents, dont les technologies, les usages et les niveaux d’assistance varient considérablement.

Pour comprendre leur fonctionnement, il faut distinguer deux grandes familles : les exosquelettes passifs et les exosquelettes actifs.

Les matériaux composites et les structures textiles constituent quant à eux des choix de conception, qui peuvent se retrouver dans différentes catégories.

 

Les exosquelettes passifs : une assistance mécanique sans moteur

Les exosquelettes passifs utilisent des ressorts, des éléments élastiques ou des mécanismes articulés pour accompagner certains mouvements.

Ils fonctionnent sans moteur ni batterie. Leur assistance dépend notamment des mouvements de l’utilisateur et des propriétés mécaniques du dispositif.

Parmi les acteurs français, on retrouve :

  • HMT, qui propose des solutions d’assistance physique pour différentes régions du corps.
  • Fox Innovation – Exofair, entreprise fondée par Pierre-André Foix, qui propose notamment BISKO, un dispositif passif d’assistance du dos.

Ces solutions illustrent la diversité des approches mécaniques permettant de diminuer certaines contraintes physiques.

 

Les dispositifs passifs à fibres composites : l’exemple d’HAPO

Certains exosquelettes passifs utilisent des matériaux composites, notamment des éléments à base de fibres de verre ou de carbone.

Selon leur conception, ces matériaux peuvent se déformer, stocker temporairement de l’énergie mécanique et la restituer au cours du mouvement.

Deux exemples permettent d’illustrer cette approche :

  • HAPO – ErgoSanté, marque française proposant des dispositifs passifs utilisant notamment des éléments composites pour assister certaines sollicitations du dos ou des membres supérieurs.
  • Comau, fabricant italien dont certains dispositifs passifs de la gamme MATE utilisent des matériaux composites dans leur structure.

Les matériaux composites peuvent présenter des avantages en matière de légèreté, de résistance et de caractéristiques mécaniques.

Mais leur présence ne garantit pas, à elle seule, l’efficacité d’un exosquelette.

Ce n’est pas le matériau qui détermine le bénéfice pour le salarié, mais l’adéquation entre le dispositif, les gestes réalisés et les contraintes de l’activité.

 

Les exosquelettes actifs : une assistance motorisée

Contrairement aux dispositifs passifs, les exosquelettes actifs utilisent une motorisation et des systèmes de commande pour accompagner certains mouvements.

L’assistance peut être modulée selon les caractéristiques du dispositif et les situations d’utilisation.

Deux fabricants illustrent cette famille :

  • Japet Medical, entreprise française développant notamment le Japet.W+, un dispositif lombaire motorisé à vocation médicale.
  • German Bionic, fabricant allemand proposant des exosquelettes motorisés destinés à certaines activités professionnelles exigeantes.

Ces technologies peuvent offrir une assistance adaptable, mais elles introduisent également des contraintes supplémentaires : alimentation électrique, entretien, réglages, poids et modalités d’utilisation.

Il faut distinguer les dispositifs médicaux des équipements destinés à l’assistance physique professionnelle générale : leurs indications et leurs conditions d’utilisation ne sont pas nécessairement identiques.

 

Les exosquelettes souples ou textiles : une conception différente

Certains dispositifs, appelés exosuits, utilisent principalement des structures textiles, des sangles ou des éléments souples.

Ils peuvent être passifs ou motorisés : il ne s’agit donc pas d’une troisième grande famille indépendante.

Parmi les exemples :

  • Auxivo, fabricant suisse proposant notamment le LiftSuit, un dispositif textile passif.
  • HeroWear, fabricant américain développant des systèmes souples d’assistance physique, notamment pour certaines manutentions.

Ces équipements peuvent présenter un intérêt en matière de mobilité et d’encombrement, sans être nécessairement adaptés à toutes les situations.

Enfin, les exosquelettes peuvent être distingués selon les régions du corps assistées : dos, épaules, bras, hanches ou membres inférieurs.

Il n’existe donc pas un exosquelette universel. Il existe des équipements conçus pour répondre à des besoins d’assistance spécifiques.

Comme le rappelle l’INRS dans ses recommandations pour la sélection des exosquelettes professionnels, le choix doit s’inscrire dans une démarche d’analyse du besoin réel.

 

2. Quels sont les avantages réels des exosquelettes pour la prévention des TMS ?

Dans certaines situations, les exosquelettes peuvent réduire les sollicitations musculaires locales et diminuer l’effort perçu.

Ils peuvent notamment présenter un intérêt lors de tâches impliquant :

  • Des mouvements répétés des membres supérieurs.
  • Le maintien des bras en hauteur.
  • Certaines opérations de manutention.
  • Des positions prolongées avec le tronc incliné.
  • Des activités difficiles à aménager autrement.

Ces bénéfices sont intéressants, notamment lorsque les contraintes résiduelles restent importantes malgré les améliorations apportées au poste.

Cependant, une distinction est essentielle.

Réduire l’activité de certains muscles ne signifie pas automatiquement réduire le risque global de troubles musculosquelettiques.

Un exosquelette peut modifier la répartition des efforts, les stratégies de mouvement et les contraintes exercées sur différentes régions du corps.

L’INRS, dans son dossier consacré aux exosquelettes au travail, rappelle que leur utilisation peut présenter des bénéfices tout en soulevant de nouvelles questions de santé et de sécurité.

Il est donc nécessaire d’évaluer les effets sur l’ensemble de l’activité, et non uniquement sur un muscle ou une articulation.

 

3. Le corps humain peut-il s’adapter à une assistance mécanique ?

Le corps humain possède une remarquable capacité d’adaptation.

À chaque mouvement, notre système nerveux organise et ajuste les stratégies musculaires en fonction de la tâche, de l’environnement, de l’équilibre et de la fatigue.

La mobilité, la force, l’endurance et la coordination participent à cette adaptation permanente.

Lorsqu’un exosquelette intervient, il modifie potentiellement les conditions dans lesquelles ces stratégies sont mises en œuvre.

L’utilisateur doit alors apprendre à intégrer cette assistance.

Cela suppose de nouveaux repères corporels, des ajustements gestuels et parfois une période d’apprentissage.

Un exosquelette n’est donc pas simplement un équipement que l’on enfile. Il transforme, à des degrés variables, la relation entre le corps et le travail.

Trop assister le corps : un risque de déconditionnement ?

Le parallèle avec certains dispositifs médicaux, comme les ceintures lombaires ou les colliers cervicaux, permet d’ouvrir une réflexion intéressante.

Ces équipements peuvent être utiles lorsqu’ils répondent à une indication précise.

En revanche, une immobilisation prolongée non justifiée peut contribuer à une perte de mobilité ou à un déconditionnement.

Un exosquelette ne fonctionne pas nécessairement comme une orthèse d’immobilisation : il accompagne souvent le mouvement plutôt que de le bloquer.

Il serait donc inexact d’affirmer qu’une utilisation prolongée entraîne systématiquement une perte de force ou une dépendance musculaire.

Mais une interrogation demeure légitime :

Comment préserver les capacités physiques d’un salarié lorsque certaines sollicitations sont régulièrement assistées par un équipement externe ?

L’INRS identifie notamment la désadaptation musculaire parmi les risques potentiels à considérer.

La réponse passe notamment par l’évaluation dans le temps, le maintien des capacités physiques et une organisation du travail qui ne repose pas exclusivement sur l’assistance.

 

4. Quand faut-il utiliser un exosquelette ? Et pourquoi ne pas le porter systématiquement ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes pour les responsables HSE, RH et les managers.

Un exosquelette peut être utile pour une tâche précise sans être pertinent pour l’ensemble d’une journée de travail.

Prenons l’exemple d’un opérateur qui alterne plusieurs activités :

  • Manutention de charges.
  • Travail avec les bras en hauteur.
  • Déplacements.
  • Contrôle qualité.
  • Opérations de précision.
  • Approvisionnement et rangement.

Selon le dispositif choisi, l’assistance peut présenter un intérêt pour certaines opérations et devenir inutile, voire gênante, pour d’autres.

Il faut donc réfléchir à une stratégie d’utilisation de l’exosquelette.

Quand le porter ? Pour quelle tâche ? À quelle intensité d’assistance ? Dans quelles conditions faut-il le retirer ou désactiver son assistance ?

Ces questions doivent être abordées avec les utilisateurs, les responsables de production et les professionnels de la prévention.

Le risque de prolonger les tâches contraignantes

Imaginons un salarié qui travaille régulièrement les bras en hauteur.

Sans assistance, la fatigue peut l’inciter à modifier son activité, à changer de posture ou à interrompre temporairement son effort.

Avec un exosquelette, certaines sollicitations musculaires peuvent diminuer.

C’est potentiellement bénéfique.

Mais cela peut également conduire à une mauvaise interprétation : puisque le salarié ressent moins l’effort, pourrait-il réaliser cette tâche plus longtemps ?

L’assistance ne doit pas devenir une justification pour augmenter la durée d’exposition à des contraintes physiques.

Le dispositif ne supprime pas nécessairement toutes les sollicitations articulaires, musculaires ou physiologiques.

L’exosquelette ne doit donc pas remplacer les pauses, la récupération ou les changements d’activité.

Cette vigilance rejoint les questions organisationnelles abordées dans la foire aux questions de l’INRS sur les exosquelettes.

 

5. Variation des tâches et pauses : deux leviers essentiels de prévention des TMS

La prévention des TMS ne repose pas uniquement sur la réduction de l’effort à un instant donné.

Elle dépend également de la manière dont les contraintes s’accumulent au cours de la journée.

La répétitivité, les postures maintenues, la durée d’exposition et les possibilités de récupération jouent un rôle important.

L’alternance des tâches peut constituer un levier de prévention lorsqu’elle permet de solliciter différemment les régions du corps.

Passer d’une activité sollicitant fortement les épaules à une tâche moins exigeante pour cette région peut contribuer à mieux répartir les contraintes.

Mais attention : une rotation entre deux postes sollicitant les mêmes groupes musculaires n’apporte pas nécessairement un bénéfice.

La variation doit être pensée en fonction des contraintes réelles.

De la même manière, les pauses régulières et les changements de posture ne doivent pas disparaître au motif qu’un équipement apporte une assistance.

Un salarié équipé d’un exosquelette reste un salarié dont le corps a besoin de récupération.

Ces principes sont abordés dans les formations gestes et postures proposées par Cinésis, qui visent à développer la compréhension des contraintes physiques et l’adaptation des stratégies gestuelles.

 

6. La gestion énergétique : ce que le sport de haut niveau nous apprend sur la prévention des TMS

Dans le sport de haut niveau, la performance durable ne repose pas sur la recherche permanente de l’effort maximal.

Elle implique une gestion des ressources physiques, une alternance entre sollicitation et récupération et une adaptation des stratégies aux objectifs poursuivis.

Cette logique peut également s’appliquer au monde professionnel.

 

Diminuer la fatigue ne signifie pas augmenter la charge

Mon expérience au sein de l’équipe de France de kayak de course en ligne m’a notamment appris une chose : la progression ne dépend pas uniquement de la quantité d’entraînement, mais de la capacité à trouver un équilibre entre sollicitation, adaptation et récupération.

Un entraîneur sait qu’un athlète qui ressent moins la fatigue n’est pas nécessairement capable de supporter indéfiniment une charge supplémentaire.

C’est précisément cette réflexion que nous devons avoir avec les exosquelettes professionnels.

Si un équipement permet à un salarié de ressentir moins d’effort lors d’une tâche contraignante, doit-on en profiter pour prolonger cette activité ? Ou doit-on utiliser ce bénéfice pour mieux préserver ses ressources physiques tout au long de la journée ?

Dans le sport de haut niveau, une meilleure récupération ne justifie pas automatiquement une augmentation de la charge d’entraînement. Pourquoi raisonner différemment en entreprise ?

Les objectifs du sport et du travail sont naturellement différents. Mais cette comparaison permet de rappeler une notion fondamentale : réduire la fatigue ressentie ne signifie pas supprimer l’ensemble des contraintes subies par l’organisme.

L’exosquelette devrait donc s’intégrer dans une stratégie globale associant alternance des tâches, gestion des efforts, récupération et maintien des capacités physiques.

L’objectif d’un exosquelette ne devrait pas être de permettre au salarié d’en faire davantage, mais de lui permettre de préserver davantage ses capacités.

 

La gestion énergétique au travail : apprendre à mieux utiliser ses capacités physiques

Chez Cinésis, nous développons cette approche à travers la gestion énergétique au travail.

Il ne s’agit pas simplement de demander aux salariés de faire moins d’efforts.

Il s’agit de leur apprendre à comprendre comment leur corps fonctionne pour mieux répartir leurs sollicitations au cours de la journée.

Comprendre le coût physique d’un geste

Deux façons de réaliser une même tâche peuvent entraîner des contraintes très différentes.

La distance d’une charge par rapport au corps, la position des appuis, l’amplitude du mouvement ou la coordination musculaire influencent l’effort nécessaire.

La formation doit permettre de comprendre ces mécanismes et d’adopter des stratégies adaptées, sans imposer une posture unique supposée idéale.

C’est notamment l’objectif de nos formations gestes et postures et manutention.

Anticiper la fatigue

La fatigue n’apparaît pas uniquement lorsque le salarié ressent une douleur.

Elle peut se construire progressivement sous l’effet de sollicitations répétées, d’un manque de récupération ou d’une organisation inadaptée.

Apprendre à reconnaître ces situations permet d’agir plus tôt.

Organiser les sollicitations et la récupération

L’alternance des tâches, les pauses actives, les changements de posture et l’organisation des efforts peuvent contribuer à mieux gérer les contraintes professionnelles.

Ces stratégies doivent être adaptées au métier et aux besoins de chacun.

Maintenir les capacités physiques

La force, la mobilité, l’endurance et la coordination restent des ressources essentielles.

Un exosquelette peut accompagner certaines tâches, mais ne remplace pas l’intérêt de préserver ces capacités.

Utiliser l’assistance au moment pertinent

La gestion énergétique permet enfin d’intégrer l’exosquelette dans une stratégie plus globale.

La véritable compétence n’est pas de porter un exosquelette pendant huit heures. C’est de comprendre quand son assistance est utile, comment l’utiliser et comment préserver ses ressources physiques tout au long de la journée.

C’est précisément cette réflexion que nous cherchons à développer dans les formations en prévention santé au travail de Cinésis.

 

7. Pourquoi certains exosquelettes finissent-ils au fond d’un placard ?

Un équipement peut être performant sur le plan technique et pourtant ne jamais être adopté.

Les causes possibles sont nombreuses :

  • Inconfort ou gêne dans certains mouvements.
  • Réglages inadaptés.
  • Difficulté à enfiler ou retirer le dispositif.
  • Chaleur ou encombrement.
  • Incompatibilité avec certaines tâches.
  • Manque de compréhension de son utilité.
  • Absence d’implication des salariés dans le choix de l’équipement.

La question de l’acceptabilité est fondamentale.

Un salarié doit comprendre pourquoi un exosquelette lui est proposé, dans quelles situations il peut l’aider et quelles en sont les limites.

Il doit aussi pouvoir exprimer ses difficultés sans que cela soit interprété comme une résistance au changement.

L’INRS, dans son guide sur l’intégration des exosquelettes, insiste sur la nécessité d’une démarche associant les utilisateurs et évaluant les effets de l’équipement en situation réelle.

Un exosquelette ne s’impose pas. Il s’expérimente, s’apprend et s’intègre progressivement.

Sans cette démarche, le risque est de voir un investissement important devenir un équipement inutilisé.

 

8. Former les utilisateurs : une condition essentielle de réussite

La formation à l’exosquelette ne devrait pas se limiter à apprendre à l’enfiler, à le régler et à l’entretenir.

Elle devrait également permettre de comprendre les mécanismes corporels, les effets de l’assistance et les situations dans lesquelles celle-ci est pertinente.

Une formation efficace devrait notamment aborder :

  1. Le fonctionnement du corps humain et les contraintes liées à l’activité.
  2. Les principes d’assistance du dispositif choisi.
  3. Les effets possibles sur les stratégies gestuelles.
  4. Les conditions d’utilisation adaptées aux différentes tâches.
  5. La gestion de la fatigue et des temps de récupération.
  6. Les signes d’inconfort ou de contraintes nouvelles.
  7. Les modalités d’évaluation et de suivi.

La formation doit également concerner les managers et les responsables de l’organisation du travail.

Pourquoi ?

Parce que les effets d’un exosquelette ne dépendent pas seulement de la manière dont il est porté.

Ils dépendent aussi des cadences, des objectifs de production, des changements de tâches et de la possibilité réelle de prendre des pauses.

Former uniquement le salarié sans réfléchir à son environnement de travail revient à traiter une partie du problème en oubliant le reste.

 

9. Avant d’investir dans un exosquelette, faut-il commencer par un diagnostic ergonomique ?

L’achat d’un exosquelette peut représenter un investissement important.

Mais la question du prix ne devrait intervenir qu’après celle du besoin réel.

A-t-on identifié les contraintes prioritaires ?

Le poste peut-il être aménagé ?

L’organisation des tâches peut-elle être améliorée ?

Des aides techniques ou des équipements de manutention peuvent-ils réduire les sollicitations ?

Les salariés disposent-ils des connaissances nécessaires pour adapter leurs stratégies gestuelles ?

L’INRS, dans son guide consacré à l’acquisition et à l’intégration des exosquelettes, recommande une démarche progressive allant de la définition du besoin jusqu’à l’évaluation en situation réelle.

Cette approche rejoint directement la philosophie de Cinésis.

Notre démarche de prévention repose sur plusieurs dimensions complémentaires :

  • Diagnostic préalable des situations de travail et des contraintes physiques.
  • Analyse ergonomique des postes et de l’organisation des tâches.
  • Formations sur mesure adaptées aux problématiques réelles des salariés.
  • Préconisations individualisées pour développer des stratégies gestuelles pertinentes.
  • Gestion énergétique pour mieux organiser efforts, pauses et récupération.
  • Accompagnement dans le temps, avec notamment des points de suivi à deux et six mois selon les actions engagées.

L’objectif n’est pas de promouvoir ou de déconseiller systématiquement les exosquelettes.

Il est d’aider l’entreprise à déterminer si cet équipement représente une solution pertinente et comment l’intégrer à une véritable démarche de prévention.

 

10. Exosquelette et prévention des TMS : les bonnes questions avant de décider

Pour un responsable HSE, un responsable RH ou un dirigeant, plusieurs questions doivent guider la réflexion.

Quel problème cherchons-nous à résoudre ?

Une fatigue musculaire locale, une posture contraignante, une manutention répétée ou une difficulté organisationnelle ?

Avons-nous étudié les solutions alternatives ?

L’aménagement du poste, les aides techniques, la réduction des contraintes ou la réorganisation des tâches doivent être envisagés.

L’exosquelette est-il adapté aux salariés concernés ?

Les morphologies, les capacités physiques et les situations individuelles peuvent nécessiter des évaluations spécifiques.

À quel moment doit-il être utilisé ?

L’assistance doit correspondre à des situations identifiées, et non à une obligation systématique de port.

Comment éviter de prolonger les expositions ?

Les pauses, les rotations de tâches et les possibilités de récupération doivent être préservées.

Comment mesurer son efficacité ?

L’évaluation doit intégrer les sollicitations physiques, le confort, les difficultés rencontrées, l’utilisation effective et les effets sur l’organisation du travail.

Qui accompagnera les utilisateurs ?

Un dispositif sans formation, sans dialogue avec les salariés et sans suivi risque de ne pas répondre durablement aux besoins.

 

Conclusion : le meilleur exosquelette est-il parfois celui dont on n’a pas besoin ?

Les exosquelettes professionnels représentent une innovation intéressante.

Qu’ils soient passifs, motorisés, textiles ou qu’ils utilisent des matériaux composites, ils peuvent apporter une assistance pertinente dans certaines situations de travail.

Mais leur intérêt ne se mesure pas à leur sophistication technologique.

Il se mesure à leur capacité à améliorer réellement les conditions de travail, sans générer de nouvelles contraintes et sans détourner l’entreprise des principes fondamentaux de prévention.

Un exosquelette ne devrait jamais devenir une excuse pour prolonger une tâche contraignante, supprimer les pauses ou négliger l’organisation du travail.

La véritable prévention commence par la compréhension du corps humain, l’analyse des situations professionnelles et l’apprentissage de stratégies adaptées.

C’est là que la gestion énergétique prend tout son sens : apprendre à répartir les efforts, à anticiper la fatigue, à varier les sollicitations et à préserver durablement ses capacités physiques.

L’exosquelette peut faire partie de cette stratégie mais il doit rester un outil au service du salarié, et non une réponse automatique aux contraintes du travail.

Avant de chercher à assister davantage le corps, commençons par comprendre comment mieux l’utiliser et comment mieux adapter le travail à ses capacités.

 

Cinésis : accompagner les entreprises au-delà de l’équipement

Cinésis Solutions Prévention Santé accompagne les entreprises dans la prévention des troubles musculosquelettiques, l’analyse ergonomique, les formations gestes et postures et la gestion des contraintes physiques.

Notre approche associe diagnostic, interventions adaptées aux réalités du terrain, compréhension du fonctionnement du corps, préconisations individualisées et suivi dans le temps.

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